05.06.2008

...

Dans la chaleur de son appartement, troubles oubliés. Je danse, joyeuse loutrelle. Je mange, gourmande. Je baise, amoureuse chienne.

Et dehors ! Tendresse sous la pluie... Remue ménage au dessus des nuages... Soleil ardent au fond de ses yeux...

Et se perdre de bonheur en bonheur...dans les rayons du supermarché !

Imaginer, ces instants qui nous sont encore cachés, ces voyages que nous n'avons pas encore fait. Sans compter le temps qui s'enfuit...

04.06.2008

Encore !

Prend moi encore. Laisse couler mes vêtements, comme des larmes que je ne retiendrais pas.

Touche moi encore. Que je m'abandonne à tes baisers que je rendrais. Encore

Pénètre moi. Désir violent qui m'arrache de ma torpeur, alors qu'il se fait si tard. 

Ecoute mes cris amoureux.

Mon asile, mon jardin secret... 

11.05.2008

Le saule

    On avait enterré un cadavre sous les racines outrées du grand saule. Le temps passa, les saisons se succédèrent. Des amoureux s'étaient reposés à l'ombre de ses branches,et des oiseaux s'y étaient perchés tandis que le soir tombait, mais nul jamais, n'avait soulagé le gros saule du fardeau resté accroché à ses racines.

    Il lui arrivait de pleurer, pour cet inconnu assassiné, le coeur empli de tristesse, il essayait de caresser la terre de ses longs bras feuillus, de pousser le mort hors de sa tombe, pour que les siens le retrouvent... Mais le corps demeurait, partenaire étrange du vieux saule affligé.

    Un jour pourtant, alors que le soleil déclinait, un voyageur fit une halte près du vieil arbre. Il le contempla dans la lumière du soir et sans qu'il ne sache pourquoi, la mélancolie peu à peu le saisit. Ne pouvant se résoudre à quitter cet endroit abandonné, il s'allongea sous les étoiles venues peupler le ciel sombre et muet.

    Cette nuit, des cris emplissaient l'espace de ses rêves d'habitude si paisibles, et lorsqu'il se réveilla soudain, le vent sifflait à travers les branches du saule, la tempête s'était levée. Le promeneur éveillé resta interdit, écoutant la révolte qui grondait. Il écarta les feuilles agitées, passa ses mains douces sur le tronc de l'arbre déchiré et s'agenouillant toucha brusquement du bout des doigts une surface polie sortie de terre. Surpris, ce n'était pas tant l'effroi que la pitié qui s'empara de lui. Longuement alors, il se recueillit pour la paix de l'oublié, jusqu'au petit matin.

    Il dressa un petit autel de fortune au pied du saule apaisé qui à jamais continuerait de veiller sur le défunt enraciné.